Vous avez entendu « quoicoubeh » en classe, « y'a heja » à table ou « je suis en PLS » après un contrôle ? Ces expressions ne sortent pas de nulle part. La plupart ont une origine précise et datée : une vidéo TikTok, une réplique de télévision, un forum, une chanson de rap. Ce guide en rassemble seize parmi les plus répandues chez les jeunes francophones, avec leur sens, leur origine et un exemple d'emploi. Chaque entrée renvoie à une fiche ou à une définition sourcée de Mémologie.
Les répliques pièges
« Quoicoubeh »
C'est un mot inventé, sans signification. Il sert de piège : quand quelqu'un dit « quoi ? », on lui répond « quoicoubeh ! ». Le mot a été lancé sur TikTok le 13 décembre 2022 par le compte La Vache ; selon Euronews, le hashtag a dépassé 130 millions de vues en moins de quatre mois. Au début de 2023, il était devenu un running gag dans les collèges. Le but n'est pas de vexer, mais de faire tomber l'autre dans le piège. Lire la fiche « Quoicoubeh ».
« Feur »
Même principe, en plus ancien : à « quoi ? », on répond « feur », pour former « coiffeur ». Le Wiktionnaire atteste la blague à l'écrit dès 2004, mais elle est devenue massivement virale en 2022. Si vos élèves répondent « feur » en chœur à chaque « quoi », c'est de là que ça vient. Lire la fiche « Feur ».
Les mots pour dire ce qu'on ressent
« Avoir le seum »
Avoir le seum, c'est être frustré, dégoûté, avec de l'amertume. Le mot vient de l'arabe « sèmm », qui signifie « venin ». Il circule en français depuis le milieu des années 2000 et a été popularisé par le rap, puis par une campagne de sécurité routière de 2013 (« Si t'as pas de Sam, t'as le seum »). Il est aujourd'hui compris bien au-delà des jeunes. Lire la fiche « Avoir le seum ».
« Être en PLS »
La PLS est la position latérale de sécurité, le geste de premiers secours. Au sens figuré, être « en PLS », c'est être épuisé, accablé ou très gêné, comme si l'on était hors d'état de réagir. Un élève « en PLS » après un contrôle n'a pas besoin des secours : il veut dire que ça s'est mal passé. Lire la fiche « Être en PLS ».
« OKLM »
OKLM se lit « au calme » : O pour « au », KLM pour les consonnes de « calme ». C'est être tranquille, détendu. Le sigle a été popularisé en 2014 par le rappeur Booba, qui en a fait le titre d'un single puis le nom de ses médias. Lire la fiche « OKLM ».
Les mots pour approuver ou juger
« C'est carré »
L'expression veut dire que c'est réglé, sûr, en ordre. Les plus jeunes l'emploient surtout pour accepter une proposition : « On se retrouve à 20 h ? - C'est carré. » Voir la définition.
« Bête de phrase »
C'est un compliment : « t'as vu la bête de phrase ? » salue une réplique jugée particulièrement forte ou drôle. « Bête » y fonctionne comme dans « bête de scène ». Voir la définition.
« Il a eu 0/20 »
Le mème associe la photo d'un jeune homme abattu à cette seule légende. Il sert à rendre un verdict sans appel sur une performance ratée, scolaire ou non : une chorégraphie loupée, une blague qui tombe à plat. Lire la fiche « Il a eu 0/20 ».
« Nulachier »
C'est « nul à chier » soudé en un seul mot et épelé lettre par lettre, comme dans le jeu télévisé Motus. Le mot vient d'un sketch de la web-série Joueur du Grenier publié le 23 mai 2020. Il sert de verdict, grossier mais complice, sur un jeu ou un contenu raté. Lire la fiche « Nulachier ».
Les légendes de vidéos
« Y'a heja entre 2 blaireaux »
« Heja » est un mot d'argot d'origine arabe qui veut dire « un truc », « quelque chose ». « Y'a heja » signifie donc qu'il se passe quelque chose, sans dire quoi. La formule vient d'un clip de deux blaireaux qui se tournent autour en grognant, partagé à l'été 2024. Elle légende toute vidéo où deux individus se font face avec de la tension. Lire la fiche « Y'a heja entre 2 blaireaux ».
« Y'a pas de panneau ! »
La réplique vient d'une caméra cachée du vidéaste belge Trismaster, tournée à Bruxelles et publiée en janvier 2019. Elle sert à moquer une justification de mauvaise foi, qui s'abrite derrière un détail pour ne pas reconnaître qu'on a tort. Lire la fiche « Y'a pas de panneau ! ».
Les mots d'appartenance
« Khey »
« Khey » vient d'un mot arabe signifiant « frère ». C'est ainsi que se désignent entre eux les membres du forum Blabla 18-25 ans de jeuxvideo.com, depuis un sujet de mai 2014. Le mot s'est diffusé au-delà, sur X et TikTok, comme une façon amicale d'interpeller quelqu'un. Lire la fiche « Les kheys ».
« QLF » (« Que la famille »)
C'est la devise du duo de rap PNL et le titre de sa mixtape de 2015. Elle affirme une loyauté exclusive envers ses proches. En légende d'une photo, QLF signale simplement un groupe soudé, famille ou amis. Lire la fiche « Que la famille ».
« La table des zoulettes »
L'expression vient d'une réplique du rappeur Rohff : celui qui n'a pas le niveau ne s'assoit pas « à notre table », il va « à la table des zoulettes ». Elle sert aujourd'hui à écarter, sur le ton de la plaisanterie, quelqu'un qui donne un avis qu'on ne lui a pas demandé. Lire la fiche « La table des zoulettes ».
Les mots qu'on croyait nouveaux
« Turfu »
C'est le verlan de « futur ». Il désigne l'avenir, ou ce qui paraît moderne. Voir la définition.
« Boloss »
Le mot désigne une personne naïve, ridicule ou perdante. Il est apparu en banlieue parisienne dans les années 2000, et son origine reste incertaine. Les parents qui ont été adolescents à cette époque l'ont peut-être eux-mêmes employé. Voir la définition.
Ce qu'il faut retenir
La plupart de ces expressions sont des jeux : des pièges verbaux, des légendes de vidéos ou des signes de reconnaissance entre initiés. Leur sens dépend souvent d'une référence précise, que l'on comprend mieux en connaissant la vidéo ou la réplique d'origine. Elles vieillissent aussi très vite : un mot omniprésent une année peut disparaître l'année suivante, ou revenir des années plus tard.
Pour une expression qui ne figure pas ici, la recherche de Mémologie accepte aussi les descriptions (« le mot que les ados répondent à quoi »), et le lexique rassemble plus d'une centaine de termes datés et sourcés.










