Politique & société · 2020
« C'est Nicolas qui paie »
Personnage fictif et expression nés sur Twitter en 2020, incarnant un trentenaire urbain diplômé pressuré par les impôts, devenus en 2025 un mème politique viral massivement repris par la droite et l'extrême droite lors du débat sur le budget de l'État.

- Origine
- avril 2020 Probable
- Plateforme
- Twitter / X
01En bref
« C'est Nicolas qui paie » est une expression née d'une infographie publiée sur Twitter le 29 avril 2020, où « Nicolas, 30 ans » finance les retraites de Bernard et Chantal et les aides de « Karim, 25 ans ». Devenue virale au printemps 2025, elle exprime la lassitude fiscale des actifs, et a été reprise par la droite et l'extrême droite.
02Que signifie ce mème ?
Nicolas incarne le jeune actif diplômé qui aurait le sentiment de tout payer sans rien recevoir. L'expression dénonce, sur le ton de l'ironie, le poids des impôts et des cotisations sur cette catégorie. Elle est politiquement marquée : l'image d'origine véhicule des stéréotypes racistes, et une partie des usages du hashtag ont été dénoncés comme tels. Une analyse de l'OFCE publiée en janvier 2026 place le seuil à partir duquel on contribue plus qu'on ne reçoit autour du 70e centile de revenu, ce qui relativise la prémisse du mème.
03Comment l'utiliser ?
L'expression s'utilise en réaction à une annonce de dépense publique ou de hausse d'impôt, souvent sur X. Exemples : - « Nouvelle taxe annoncée ? Pas de souci, c'est Nicolas qui paie » ; - en commentaire du coût d'un grand événement public, comme l'a fait Éric Ciotti pour les Jeux de Paris ; - par dérision, de la part de ses critiques, pour moquer le discours qu'elle porte.
04Questions fréquentes
- Quand est apparu le mème « C'est Nicolas qui paie » ?
- Son apparition est datée de avril 2020 (information probable)
- Sur quelle plateforme le mème « C'est Nicolas qui paie » est-il apparu ?
- Sur Twitter / X.
05D'où vient ce mème ?
Le compte pseudonyme @Sidounours publie le 29 avril 2020 sur Twitter l'infographie « Le contrat social » mettant en scène le personnage de « Nicolas, 30 ans ».
06Comment s'est-il diffusé ?
- Publication originale — Le compte X @Sidounours publie l'infographie « Le contrat social » mettant en scène Nicolas.
- Publication de l'infographie — @Sidounours publie sur Twitter « Le contrat social », mettant en scène le personnage de « Nicolas ».
- Reprise à l'Assemblée nationale — Le député Gérault Verny (UDR) emploie l'expression en séance, qualifiant Nicolas de « harcelé fiscalement ».
- Reprise à l'Assemblée nationale — Le député Gérault Verny (UDR) emploie l'expression dans l'hémicycle.
- Interpellation de Jean-Luc Mélenchon — Jean-Luc Mélenchon est confronté à l'expression sur RMC, dans « Les Grandes Gueules ».
- Dépôt de marque — L'expression est déposée comme marque commerciale par la société Artefakt.
- Reprise par Éric Ciotti — Le député Éric Ciotti applique la formule au coût des Jeux olympiques de Paris.
- Détournement raciste signalé — RTL rapporte que le hashtag est en partie détourné par des messages ouvertement racistes.
- Étude économique contradictoire — L'économiste Xavier Timbeau (OFCE) publie une analyse relativisant la prémisse du mème.
07Que faut-il savoir de plus ?
Le 29 avril 2020, une infographie intitulée « Le contrat social », attribuée au compte Twitter @Sidounours sans que son origine exacte soit certaine, met en scène « Nicolas, 30 ans », qui finance à la fois les retraites de « Bernard et Chantal, 70 ans » et les aides de « Karim, 25 ans ». L'expression « c'est Nicolas qui paie » circule ensuite à bas bruit dans une partie de la droite de Twitter, et un compte anonyme @NicolasQuiPaie est créé. Elle connaît une résurgence massive au printemps 2025, pendant le débat budgétaire du gouvernement de François Bayrou. Le député Gérault Verny l'emploie dans l'hémicycle puis dans un message du 30 avril 2025 ; le 23 juin 2025, Éric Ciotti commente le coût des Jeux de Paris par « Ce n'est pas grave, c'est Nicolas qui paie ! ». Le 20 juin 2025, l'expression est déposée comme marque par la société Artefakt, dont Gérault Verny est actionnaire. Le 21 juillet 2025, RTL rapporte que le hashtag est en partie détourné pour diffuser des propos racistes. Le 13 août 2025, The Times consacre un article au phénomène. Le 15 janvier 2026, l'économiste Xavier Timbeau (OFCE) publie « Tous les Nicolas du monde », qui situe le point de bascule entre contributeurs et bénéficiaires nets de la redistribution autour du 70e centile de revenu.
08Sources
- [1]C'est Nicolas qui paie, Wikipedia (en)
Justifie : Dépôt de la marque le 20 juin 2025 par Artefakt (actionnaire : Gérault Verny), article de RTL du 21 juillet 2025 sur le détournement raciste du hashtag, article du Times du 13 août 2025. Fait établi - [2]"C'est Nicolas qui paie" : trois questions sur cette expression devenue virale et... politique, Franceinfo
Justifie : Origine sur X (compte @Sidounours, 29 avril 2020) et reprise politique en 2025 (Assemblée nationale, RMC, Éric Ciotti). Probable - [3]Tous les Nicolas du monde, OFCE (Xavier Timbeau)
Justifie : Analyse publiée le 15 janvier 2026 situant le point de bascule entre contributeurs et bénéficiaires nets de la redistribution autour du 70e centile de revenu. Fait établi
Fiche publiée le 9 septembre 2026 · Dernière mise à jour le 25 octobre 2026 · Signaler une erreur